Comme si nous étions des fantômes

Philip Gray

Trois mois après la fin de la Première Guerre mondiale, une jeune Anglaise, Amy Vaneck, arrive à Amiens afin d’en apprendre davantage sur l’homme qu’elle aime, Edward Haslam, porté disparu dans les tranchées. Les champs de bataille désolés de la Somme sont désormais silencieux. Ne restent sur place que quelques hommes qui se livrent à la tâche difficile de rassembler les dépouilles et d’essayer de les identifier. Parmi eux, le capitaine Mackenzie, un survivant hanté par les fantômes de ses frères d’arme, qu’il ne peut se résoudre à abandonner sans sépulture. Amy compte sur lui pour l’aider dans sa tâche, mais le climat change brutalement lorsque les hommes de Mackenzie retrouvent treize cadavres dissimulés dans un tunnel au fond d’une tranchée. Celle où Edward a été vu pour la dernière fois. Il apparaît bientôt que ces crimes d’une sauvagerie inhumaine n’ont rien à voir avec les combats, ni avec l’armée allemande. Amy et Mackenzie se mettent alors à la recherche d’un psychopathe pour qui les atrocités commises sur les champs de bataille n’ont peut-être été qu’un début…

Note : 5 sur 5.

Un roman bouleversant, où l’amour, la mémoire et la vérité s’affrontent sur les ruines fumantes de la guerre.

Pour tous ceux qui veulent découvrir l’après-guerre autrement, entre silence des champs de bataille et cris enfouis des âmes perdues.

Une lecture inoubliable, comme un murmure venu d’outre-tombe.

Giovanni

Intermezzo

Sally Rooney

Ivan et Peter, deux frères que les années ont éloignés, se retrouvent à la mort de leur père. Ivan, vingt-deux ans, est un brillant joueur d’échecs, ultrasensible et solitaire. Peter, juriste renommé de Dublin, est un trentenaire aux multiples conquêtes. Tous deux vivent des amours périlleuses pendant ce moment délicat du deuil, intermède de vie où la fragilité n’exclut pas l’aventure.
Avec Intermezzo, l’Irlandaise Sally Rooney signe un nouveau roman sensuel et fascinant dans la veine de Normal People, où les personnages se mettent à nu, les couples se font et se défont dans une délicieuse confusion des sentiments.

Note : 2 sur 5.

Ce livre était un choix d’un autre club de lecture. J’avais déjà lu Conversations with Friends et je l’avais détesté. Après cela, j’ai complètement évité Sally Rooney.
Au début d’Intermezzo, j’avais des doutes, mais l’histoire devenait de plus en plus intéressante et je commençais à apprécier l’auteure. (16+ : Rooney sait comment écrire des scènes érotiques—attention, il y a beaucoup de rencontres sexuelles explicites dans ce livre.)

Ivan, le frère plus jeune, commence à sortir avec une femme plus âgée. Il a un esprit très analytique, il est aussi champion d’échecs et rencontre quelques difficultés dans les situations sociales. Elle est la seule, jusqu’à présent, à lui laisser le temps de réfléchir à ses pensées et ses émotions, et à s’exprimer librement, sans lui dire comment il doit être ni ce qu’il doit ressentir.
Peter, le frère plus âgé, est un avocat célèbre qui s’est séparé de l’amour de sa vie après un accident de voiture qui a bouleversé son existence. Maintenant, il abuse de la drogue et de l’alcool et est en couple avec une femme beaucoup plus jeune que lui.

L’histoire suit des gens ordinaires qui vivent avec le chagrin de leurs pertes—parents, ex-maris ou anciens amours. Leur quotidien semble normal, mais leur douleur influence leurs pensées et leurs relations. Ce deuil les rapproche parfois, mais peut aussi les éloigner, le plus souvent parce qu’ils ne comprennent pas la manière dont chacun le gère. Mais la fin… La conclusion était ennuyeuse, peu réaliste et semblait écrite à la hâte, sans effort, comme si l’auteure voulait simplement terminer le livre rapidement. J’étais déçu, d’autant plus que l’histoire était bien racontée.
Il y a deux choses spécifiques qui m’ont vraiment énervée :
– Peter passe son temps à être triste et à se plaindre. Tout le monde fait de son mieux pour qu’il se sente mieux !!! Il n’a rien fait pour mériter ça ! Il n’a même pas évolué en tant que personne ! Être gentil avec la copine de son frère dans un couloir, ce n’est pas suffisant !
– La dernière discussion entre les deux frères ne ressemble pas du tout à une vraie conversation entre proches (surtout entre hommes) ayant une relation compliquée. Ça fait trop film hollywoodien.
Donc, la seule raison pour laquelle ils se réconcilient, c’est qu’ils ont tous les deux une relation qui sort des normes habituelles ? Mais aucun des deux n’a vraiment pris le temps de comprendre et d’accepter l’autre ! Si leurs relations sexuelles n’avaient pas été « spéciales », ils ne se seraient jamais reparlé !

J’étais très déçue, car l’histoire était vraiment bien écrite et méritait une bien meilleure fin.
Les autres membres du club de lecture ne se sont pas vraiment souciés de la fin, alors c’est peut-être juste moi 😀 Je recommande sincèrement ce livre, mais à cause de sa fin bâclée (selon moi), je lui donne 2/5* et je n’ai pas l’intention de lire un autre roman de Sally Rooney.

Nevena

Bluebird

Geneviève Damas

Juliette, ou Bluebird, ainsi que l’a surnommée son jeune amoureux de passage, ne va plus au lycée. Elle a coupé les ponts avec ses parents pour aller vivre chez sa grand-mère. Officiellement, elle a contracté une maladie infectieuse. La réalité, que l’adolescente n’a pu admettre à temps, que son corps même lui a cachée, est tout autre : elle est enceinte. Garder le bébé, le confier, le «donner» en adoption, tel est désormais le choix qui s’impose à elle.
Dans une longue lettre adressée à l’enfant à naître, la toute jeune femme exprime avec une rare justesse ses peurs, ses rêves et sa fragilité au long de ce cheminement incertain.

Note : 5 sur 5.

Le roman se déroule sur une double ligne du temps. D’un côté, le temps de Juliette enceinte et de sa vie bouleversée, le déni, le repli sur soi, l’adaptation difficile à la réalité, le suivi médical et psychologique, les rencontres et les relations avec ses proches, les hésitations face aux choix qui se présentent. De l’autre, les retours en arrière sur ses relations avec sa famille, avec les élèves de sa classe et avec Tom, son amour de passage.

Le langage est celui d’une jeune en colère, qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Il devient plus posé au fil du temps, sans jamais vraiment s’apaiser, comme le montre la très longue et belle dernière phrase du livre, très tourmentée. Phrase où Juliette réaffirme ce qu’elle a dit dès la première page de sa lettre : « Je veux que tu aies une belle vie », un souhait qu’elle se sent incapable d’assumer.

La lettre de Juliette nous mène aussi à la rencontre de personnages souvent attachants, même dans leurs excès comme les réactions de sa maman, d’une grande force pour d’autres comme les échanges avec Yvette, rescapée du génocide des Tutsis du Rwanda. Presque tous les personnages sont des femmes, les quelques hommes ne semblent pas à la hauteur des événements.

Le roman est très bien documenté, cela transparaît sans que cela n’alourdisse le texte, sans doute parce qu’il est écrit comme la lettre de la principale intéressée. L’autrice parvient ainsi à nous mettre totalement à la place de Juliette et à faire vivre en quelque sorte de l’intérieur son désarroi, sa perte de confiance en soi, ses faiblesses. Elle nous conduit à réfléchir avec Juliette sur des questions de fond sur le sens de la vie, sur l’amour.

Ce n’est pas un roman dont on dira : j’ai passé un bon moment à le lire, mais plutôt : j’ai vécu un moment fort, avec des personnages vrais.

Stéphan

Un clafoutis aux tomates cerises

Véronique de Bure

Au soir de sa vie, Jeanne, 90 ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie, et de ton, est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut – et ce qu’elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir – pas trop souvent – ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine…

Note : 5 sur 5.

S’il existe un art de bien vieillis, Jeanne, 90 ans, y excelle. En nous faisant partager son quotidien, elle nous enseigne qu’il ne faut pas compter les jours mais faire en sorte que les jours comptent et que si on ne peut s’empêcher de vieillir, on peur s’empêcher de devenir vieux. Un très beau livre sur le grand âge.

Christiane

Brezel et beurre salé t1 : une enquête à Locmaria

Margot et Jean Le Moal

Bienvenue à Locmaria, paisible village du Finistère, avec son port, ses maisons de granit aux toits d’ardoise, son église du XVIe siècle et ses querelles de clocher.
C’est dans ce décor de carte postale que débarque Catherine Wald, pimpante Strasbourgeoise.
La cinquantaine, divorcée, elle a décidé de prendre un nouveau départ en Bretagne et d’ouvrir un restaurant de spécialités alsaciennes. Son arrivée et son projet se retrouvent très vite au centre de toutes les discussions, et la majorité des habitants l’accueillent à bras ouverts, charmés par sa bonne humeur et ravis de ce petit vent de changement.
Mais certains voient d’un mauvais œil son installation et semblent bien décidés à lui mettre des bâtons dans les roues. Si les hostilités commencent par des remarques acerbes et des regards hostiles de quelques épouses jalouses, les choses ne tardent pas à se corser. Après une soirée choucroute, plusieurs notables du village accusent Catherine de leur avoir servi de la nourriture avariée et portent plainte pour empoisonnement.
Parmi les plaignants, Jean-Claude Quéré, ancien maire du village, connu pour tremper dans des magouilles, et Georges Lagadec, riche exploitant agricole qui n’a pas digéré que Catherine achète une propriété qu’il avait en vue depuis plusieurs années. Chose étrange, aucun des autres participants à la soirée n’a été malade. Une tentative de faire plier bagages à l’étrangère ? Quoi qu’il en soit Catherine n’est pas du genre à se laisser intimider.
Et elle est prête à mettre la main à la pâte pour démasquer elle-même le coupable.

Note : 5 sur 5.

Je me suis retrouvée dans ma Bretagne avec son temps qui change plusieurs fois par jour, sa convivialité, ses caractères forts, ses noms de famille compliqués, la mer, les plages sauvages etc… Toutes les conditions sont remplies pour se retrouver en immersion. On découvre la vie d’un petit village avec ses amitiés et ses rivalités, là où tout le monde se connaît. Le roman met également en lumière le profond attachement des personnes à leur région, qu’elle soit la Bretagne ou l’Alsace, 2 régions à la culture forte et ancrée mais où les clichés ont la vie dure. Milieu du roman, l’histoire prend une tournure différente avec un empoisonnement. Le ton reste malgré tout léger sur fond d’enquête policière. Le premier roman d’une série de 6.

Julia

La femme de ménage

Freida McFadden

Chaque jour, Millie fait le ménage dans la belle maison des Winchester, une riche famille new-yorkaise. Elle récupère aussi leur fille à l’école et prépare les repas avant d’aller se coucher dans sa chambre, au grenier. Pour la jeune femme, ce nouveau travail est une chance inespérée. L’occasion de repartir de zéro. Mais, sous des dehors respectables, sa patronne se montre de plus en plus instable et toxique. Et puis il y a aussi cette rumeur dérangeante qui court dans le quartier : madame Winchester aurait tenté de noyer sa fille il y a quelques années. Heureusement, le gentil et séduisant monsieur Winchester est là pour rendre la situation supportable. Mais le danger se tapit parfois sous des apparences trompeuses. Et lorsque Millie découvre que la porte de sa chambre mansardée ne ferme que de l’extérieur, il est peut-être déjà trop tard…

Note : 4 sur 5.

Thriller psychologique machiavélique dans lequel l’auteure nous entraîne pour notre plus grand plaisir entre les murs d’une maison de rêve où une jeune femme engagée comme femme de ménage découvre la face cachée des riches propriétaires bien sous tous rapports.

Catherine


Le prochain club aura lieu le 6 juin, ce sera la dernière date de la saison ! Stéphan nous a préparé pour l'occasion une sélection de livres d'Afrique sub-saharienne.

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