Le couteau : réflexions suite à une tentative d’assassinat

Salman Rushdie

« Il était essentiel que j’écrive ce livre : une manière d’accueillir ce qui est arrivé, et de répondre à la violence par l’art. »
Pour la première fois, Salman Rushdie s’exprime sans concession sur l’attaque au couteau dont il a été victime le 12 août 2022 aux États-Unis, plus de trente ans après la fatwa prononcée contre lui. Le romancier lève le voile sur la longue et douloureuse traversée pour se reconstruire après un acte d’une telle violence ; jusqu’au miracle d’une seconde chance.
Le Couteau se lit aussi comme une réflexion puissante, intime et finalement porteuse d’espoir sur la vie, l’amour et le pouvoir de la littérature. C’est également une ode à la création artistique comme espace de liberté absolue.

Note : 3 sur 5.

L’écriture comme thérapie pour témoigner des séquelles physiques et psychologiques d’un attentat sur la victime et ses proches ainsi que la difficulté à se reconstruite et à reprendre le cours de la vie. Une réflexion sur les bases de l’intégrisme et la justification des actes de violence commis au nom d’Allah.

Christiane

Mater dolorosa

Jurica Pavicic

Automne 2022. Après la saison touristique, Split se dirige lentement vers l’hibernation d’après-saison. Ines est une jeune femme qui travaille à la réception d’un hôtel. Sa mère, Katja, est femme de ménage et s’occupe de la maison, d’Ines et de son jeune frère.
Zvone est un policier prometteur qui reçoit un appel du travail. Un corps a été retrouvé dans une usine désaffectée à proximité de la ville. Il s’agit du corps d’une jeune fille de 17 ans, Viktorija, fille d’un éminent médecin.
Le meurtre de la jeune fille bouleversera à jamais le destin des trois personnages principaux….
Que sommes-nous prêts à sacrifier pour protéger ceux que nous aimons, et quelles en seront les conséquences inévitables ?

Note : 2 sur 5.

« Mater Dolorosa » raconte une enquête sur un meurtre et, en parallèle, une histoire de famille et des liens du sang qui s’imposent à ses membres. Et aussi les aventures amoureuses d’Ines, sans qu’il ne semble y avoir un lien avec l’affaire du meurtre. Et aussi les relations de pouvoir entre trois policiers occupés sur une même enquête. Et encore la relation de Zvone avec son père, ancien combattant de la guerre en ex-Yougoslavie des années 1990. Le résultat est un roman qui explore de nombreux thèmes, une multitude de récits qui sont peu ou pas du tout liés entre eux et qui apparaissent finalement comme des digressions qui nous écartent de l’objet central du roman.

En ce qui concerne le cœur de l’histoire, c’est-à-dire l’enquête sur le meurtre et ses conséquences pour Katja et Ines surtout, l’auteur accumule les difficultés pour les enquêteurs. Mais en même temps, il donne suffisamment d’informations pour que les lectrices et lecteurs se fassent assez vite une idée du coupable. Dans un deuxième temps, il apporte un élément nouveau qui ouvre une nouvelle piste, peu crédible, qui fait entrer en scène de nouveaux personnages et avec eux, de nouvelles enquêtes. À tout cela s’ajoutent quelques invraisemblances.

« Mater Dolorosa » est un roman policier un peu particulier, dans le sens où il évoque un meurtre dont on ne connaîtra pas le ou les mobiles, qui ne sont jamais évoqués. De plus, il n’y a pratiquement aucun suspense.

Le style est sec, descriptif. Il ne suscite en général aucune émotion, sauf dans de rares passages. Les phrases sont courtes. Les personnages ne sont ni particulièrement attachants ni antipathiques. On notera quelques évocations intéressantes, mais assez superficielles, de la ville de Split, de ses environs et de son histoire récente.

Au bout du compte, le roman ressemble à une accumulation d’histoires peu ou pas liées entre elles, sans personnage réellement attachant.

Stéphan

Le chaos dans nos veines

Cécile Cabanac

N’oubliez jamais que n’importe qui peut se rendre coupable du pire…
Trois heures du matin, dans une maison isolée à proximité d’un étang à Prigonrieux, Brisseau découvre le cadavre d’une femme. Aussitôt, une hypothèse se dessine : suicide. Pour ce capitaine fatigué du métier, le soulagement est intense, l’enquête devrait être bouclée sans difficulté. Pourtant, très vite, tout se complique.
Un second corps est retrouvé à la cave, flottant dans une cuve d’acide. Et la première victime se révèle être une ex-flic. Une flic qui ne faisait pas l’unanimité auprès de ses collègues. Une flic dont le sens de la justice surpassait tout, quitte à se mettre en danger pour traquer des assassins. Une flic, surtout, hantée par deux affaires non résolues.
De là à imaginer qu’elle commençait à s’approcher trop près de la vérité, il n’y a qu’un pas. Et Brisseau pourra compter sur l’énergie de la jeune lieutenant Marianne Decointet pour démêler les fils de ce tableau dans lequel le mal semble s’être insinué partout…

Note : 5 sur 5.

Si vous pensez lire un simple polar, Le chaos dans nos veines de Cécile Cabanas risque de vous surprendre : ici, l’enquête vous poursuit bien après avoir refermé le livre.

Entre un capitaine usé, une jeune lieutenante déterminée et l’ombre troublante d’une ancienne flic, le roman explore ce que la vérité coûte à ceux qui la cherchent.

C’est un récit prenant et profondément humain, où le vrai mystère n’est peut-être pas le crime… mais ce qu’il fait aux vivants.

Giovanni

Rester vivant jusqu’au bout

Antonio Sena

28 janvier 2021. Soudain le moteur de l’avion rend l’âme… Impossible de le redémarrer. Antonio Sena, seul à bord, mobilise toutes ses connaissances pour tenir l’appareil au-dessus de l’immensité de la forêt amazonienne. Mais le crash est inévitable. Miracle : Antonio ressort vivant de la carlingue.
Commence alors pour lui une terrible épreuve dans la partie la plus sauvage de l’Amazonie. Sous une pluie ininterrompue, il s’alimente en observant ce que mangent les singes, construit des abris de fortune, repousse les prédateurs, s’émerveille aussi devant la beauté de la forêt, sans jamais baisser les bras, guidé par l’amour des siens et sa foi retrouvée.
L’espoir, dit-il, sera le dernier à mourir. Trente-six jours après la chute de son avion, épuisé et affamé, un deuxième miracle se produit. Des cueilleurs de noix sont là, au milieu des arbres…
Survivant de l’enfer vert, Antonio Sena a décidé de protéger cette forêt qui a failli l’engloutir. « Le véritable héros de cette histoire, ce n’est pas moi, c’est cet être qui respire et qui souffre. Un être généreux avec ceux qui le respectent et hostile avec ceux qui le mutilent. »

Note : 4 sur 5.

Récit de l’histoire vraie d’un jeune pilote brésilien dont le Cessna tombe dans ‘l’enfer vert’ la zone la plus sauvage de l’Amazonie. Son expérience qui a fait appel à des forces physiques, mentales et spirituelles insoupçonnées le marquera à jamais.

Le récit d’un combat, d’une aventure intérieure exceptionnelle, et une formidable ode à la nature.

Catherine

La bibliothèque des rêves secrets

Michiko Aoyama

Homme ou femme, jeune ou vieux, salarié ou retraité… ils sont cinq à franchir le pas de la petite bibliothèque tenue par Sayuri Komachi en plein coeur de Tokyo. Leur point commun: ils sont au croisement de leur vie. A chacun Sayuri Komachi, énigmatique bibliothécaire attentive aux autres, proposera un ouvrage totalement inattendu, bien loin de celui qu’ils croyaient être venus chercher.
Mais ce choix ne relève pas du hasard, ce livre se révèle comme le jalon qui leur permettra de changer de vie.
Sayuri Komachi dévoile à chaque lecteur le pouvoir de la lecture et l’importance qu’une personne attentive et à l’écoute peut avoir sur le destin de chacun d’entre nous.

Note : 4 sur 5.

Pour moi, c’est un livre très “feel good”, dans le sens noble du terme : il fait du bien sans être niais. J’ai beaucoup aimé la diversité des personnages et la manière dont chacun traverse un moment de transition. J’ai quand même eu un petit manque : Mme Komachi, la bibliothécaire, reste trop mystérieuse. Elle est au centre de tout, mais on ne la découvre jamais vraiment. 

Sahra

Célèbre

Maud Ventura

La célébrité est ma vie. Est-ce que j’étais préparée à un tel succès ? Bien sûr que oui.
Cléo grandit dans une famille dont elle déplore la banalité. Dès l’enfance, elle n’a qu’une obsession : devenir célèbre. Au fil des années, Cléo saute tous les obstacles qui s’imposent à elle, arrachant chaque victoire à pleines dents, s’entaillant la cuisse à chaque échec.
À la surprise de tous, sauf d’elle-même, Cléo devient une star mondiale, accumulant les millions de dollars, les villas à Los Angeles et les récompenses….

Note : 4 sur 5.

Roman attrayant, un peu long, qui décrit à merveille l’ascension fulgurante d’une jeune pop-star avec la transformation de personnalité qui l’accompagne. A lire absolument.
Addictif, la gloire sans limites !

Brigitte

La famille

Naomi Krupitsky

Au cœur des années 1930, de nombreuses familles italiennes ont émigré dans le quartier de Red Hook, à Brooklyn. C’est là que vivent les petites Sofia et Antonia, adorables voisines et amies absolues. Et si elles sont aussi proches, c’est qu’elles ont un point commun singulier : leurs pères font partie de la mafia. Or, en regardant chaque jour leurs mères subir une vie faite d’inquiétude, les fillettes se jurent de ne jamais épouser d’hommes oeuvrant pour la Famille.
Quand il arrive malheur au père d’Antonia, le fil de son amitié avec Sofia se fragilise, d’autant que leurs rêves se mettent à diverger : l’une voudrait faire des études quand l’autre préfère les frivolités. Mais quels chemins prendront les deux amies lorsqu’une fois adultes elles devront vraiment choisir qui devenir, et qui aimer ?

Note : 5 sur 5.

Le roman s’ouvre en 1928, au sortir de la Première Guerre mondiale, alors que les héroïnes ne sont encore que des enfants. Cette entrée dans l’histoire renforce l’attachement que l’on éprouve pour elles : on grandit à leurs côtés, témoin de leurs joies, de leurs épreuves et de leurs désillusions. On découvre leur environnement et « la famille » à travers leurs yeux.

J’ai aimé ces héroïnes si différentes, mais profondément attachées l’une à l’autre, qui vivent une amitié d’abord exclusive, puis une prise de distance à l’adolescence. Elles s’éloignent au lycée et ne savent plus comment entrer à nouveau en contact, une évolution que j’ai trouvée très juste et très vraie. Elles se rapprochent de nouveau plus tard, et leur amitié m’a semblé particulièrement crédible et touchante.

À travers leur regard, on observe un monde en pleine mutation, bouleversé par les conflits mondiaux, le poids des traditions familiales et les raisons de l’exil de leurs pères. J’ai particulièrement apprécié les descriptions de New York qui évolue au fil du temps : des anciens docks aux gratte-ciel qui surgissent peu à peu, transformant en profondeur le paysage et l’identité de la ville.

Un premier roman que j’ai trouvé très abouti.

Noémie

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