«Bernard», il s’appelle Bernard. Ses parents lui ont donné ce prénom. Avec un tel prénom, il ne révolutionnera pas l’humanité. Sa destinée est toute tracée. Avec un tel prénom, il va à l’échec, ce n’est pas un synonyme de réussite.
Bernard, c’est monsieur tout le monde. Il se fond dans le commun des mortels, se laisse porter par la vie, il la subit. Il doute de lui-même, n’a pas confiance en lui. Il est incapable de prendre une décision. II n’assume pas, il n’ose pas. Il est spectateur de sa vie. Il se désole. Il est plein d’envies enfouies, de décisions écrasées. Il vit l’agonie de son couple. Quand il en découvre les fissures, tout s’effondre. Au fil des années de vie commune, il ne s’est jamais remis en question. Tous deux se sont installés dans la routine. Côté professionnel, il travaille dans la finance. Il a été embauché à la BNP. Le plus important pour être conseiller financier, ce n’est pas le CV, les études, les références qui priment, mais avoir la bonne tête «la tête de l’emploi».
Les années 80, c’était l’âge d’or ! Hélas, la crise financière arrive…. Les banques européennes étaient proches de la faillite. Au sein de la société, il faut gérer la crise, réduire la masse salariale.

L’auteur nous décrit bien la cruauté, l’absurdité du monde du travail. Le rendement, le profit se font au détriment du travailleur. Celui-ci est sacrifié, humilié. Bernard vit la honte, accepte les reproches, il se néglige. Il connaît la déchéance, la solitude. Il se sent délaissé de tous, ne prend pas ses responsabilités, ne se défend pas. Il est victime en amour, et dans son milieu de travail. Comme un petit garçon, il se réfugie chez ses parents.
Pauvre con ! Assume !

J’ai apprécié les pointes d’humour dans le portrait de ce personnage. Malgré la situation, ce récit n’a rien de tragique. De plus, c’est bien écrit, agréable à lire.

Michelle

 

La tête de l'emploi Couverture du livre La tête de l'emploi
David Foenkinos

J'ai lu
2014
285

À 50 ans, Bernard est persuadé que sa bonne petite vie tranquille se déroulera ainsi jusqu'à la fin de ses jours.C'est sans compter sa femme, qui décide d'un coup de divorcer, et la crise, qui lui fait perdre son emploi. Sans logement, sans argent, incapable d'avouer son chômage à sa famille, il n'a d'autre alternative que de retourner vivre dans sa chambre d'adolescent, chez ses parents. Ceux-ci ne semblent pas réjouis de recueillir leur unique rejeton, qui trouble leur vieillesse paisible. Jusqu'à ce que Bernard rencontre la fille d'un quincaillier, aussi perdue que lui...
Comment trouver sa place dans un monde en crise, quand on n'est ni très jeune, ni très beau, quand, finalement, on ne désire que le bonheur ? Un destin d'aujourd'hui, une histoire drôle et mélancolique.

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